Le jeune leader nord-coréen avance lentement mais sûrement ses plans : après s'être réconcilié avec le Sud sur le dos d'une administration US bien roulée dans la farine, Kim Jong-Un tourne la vis autour de l'adversaire. Pour le reste, le fiasco retentissant du deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong‑un à Hanoï l'appuie largement dans ses desseins. Alors que l'administration américaine ne donne aucun signal de l'allègement des sanctions, Kim Jong‑un appelle ses compatriotes à travailler pour une économie plus autonome dans le but de "porter atteinte" aux parrains des sanctions
La patience du leader nord-coréen semble être arrivée à bout face aux tergiversations de la partie américaine sur l'accord de Singapour. Ce qui l'a poussé à adopter une attitude de défi.
Le mercredi 10 avril, le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un, a déclaré que Pyongyang devait porter un "coup dur" à ceux "qui imposent des sanctions aux Nord-coréens" en veillant à ce que "son économie soit plus autonome", rapporte l'agence de presse officielle de la Corée du Nord, KCNA.
C’était la première fois que Kim exposait la position de la Corée du Nord après son deuxième sommet avec Donald Trump à Hanoi qui avait échoué en février. Il a exhorté son peuple à porter son attention sur le développement économique, la priorité de la politique stratégique de son pays depuis avril dernier.
En ce qui concerne la position de la Corée du Nord au sommet, Kim a déclaré qu'il doublerait ses efforts pour créer une économie nationale autosuffisante afin de porter un coup décisif aux « forces hostiles » qui pensent que les sanctions peuvent faire agenouiller la Corée du Nord, selon KCNA.
Les médias nord-coréens ont récemment publié des images et des reportages de récentes visites de Kim dans des chantiers de construction relatifs à des projets économiques.
Le 21 mars, le chef de la diplomatie nord-coréenne n'avait également pas exclu "le changement de cap" de Pyongyang, compte tenu de multiples revendications de la Maison Blanche, tandis qu'elle ne lui a fait aucune concession malgré toutes les mesures adoptées par Pyongyang durant les 15 derniers mois.
L’engagement américano-nord-coréen semble être dans les limbes depuis les sommets à Hanoi laissés inachevés par les Américains devant l'opposition de Kim à la dénucléarisation complète de la Corée du Nord et ce, avant la levée des sanctions américaines.
Cependant, Kim n'a cessé de mettre en avant sa poussée économique durant ces dernières semaines, malgré l'absence d’allègement des sanctions.
Bien que le leader nord-coréen n’ait pas fait directement allusion aux États-Unis lors de son discours hier, il a adopté cette fois un ton virulent face à ceux qu’il appelle les « forces hostiles ». Ses propos interviennent quelques heures avant le sommet entre le président américain Donald Trump et le président sud-coréen Moon Jae-in à Washington.
Le président sud-coréen a laissé croire cette semaine à certaines sources d’information qu’il appellerait Washington à assouplir les sanctions visant la Corée du Nord pour permettre un engagement économique intercoréen, en échange de certaines concessions nucléaires de la part de Pyongyang. Pour l'heure, Washington n'a pas donné son accord mais il a l'intérêt puisque Pyonyang est à deux pas de renverser littéralement la table et à dépouiller l'administration Trump de sa carte "nord-coréenne".